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Lettre ouverte aux Camerounais ou la deuxième mort de Ruben Um Nyobé

Essai
par Mongo Beti
Édition du20 avril 2013
ISBN978-2-86441-006-5
Prix10€
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Été 1984 !

Les Camerounais enfin débarrassés d’Ahmadou Ahidjo se prennent à rêver de liberté. Renouveau, moralisation, libéralisation ne sont-ils pas les slogans du nouveau président ?

Au même moment, quelle est l’attitude de Paul Biya, l’homme du Renouveau, à l’égard de Mongo Beti, adversaire intraitable du dictateur déchu, écrivain connu pour avoir l’oreille des Camerounais ? Répond-il publiquement à ses demandes d’amnistie et d’élections libres ?

Mais non !

Tout comme hier Ahidjo, Paul Biya s’active à tramer une ténébreuse machination contre l’écrivain exilé. Son rêve, tout comme hier celui d’Ahidjo, n’est pas de convaincre, mais de contraindre, non de dialoguer mais de réduire au silence. La répression, oui ! La concertation, non !

Seule différence : Ahidjo vitupérait les opposants et les exilés ; en vrai fanatique, il fulminait les imprécations ; Paul Biya, lui, pérore doucereusement, en bon petit jésuite. Ahidjo prétendait réduire à merci. Paul Biya ruse : on ne prend pas les mouches avec du vinaigre...

Des gens à Paris sont assez peu sensés pour fonder le rayonnement de la France sur le maintien à jamais de nos peuples dans l’incapacité juridique et politique du mineur ? Pari stupide comme de juste.

Il faudra bien que l’Afrique francophone devienne vraiment libre, elle aussi. En attendant, vive la Francophonie, Prix Nobel de la censure et de l’arriération tous azimuts !


- vous avez dit archaïque ?
- Surtout folklorique !

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